De l’Indre à la Creuse

De l’Indre à la Creuse

Nous entamons lentement notre descente vers le Sud. Nous sommes à côte d’Aubusson, en Creuse.

Nous avions le choix entre La Loire, la Vienne ou l’Indre. C’est cette dernière que nous avons suivie. Traversant la Touraine, nous eûmes beaucoup de visite : amis, famille et premiers rayons de soleil printanier. Les sols argileux et détrempés nous causèrent quelques tracas ; les chevaux les abimant aussitôt nous étions contraints de bouger régulièrement. Mais les sols n’étaient pas les  seules causes de notre fuite, l’accueil mitigé des communes du pays lochois nous poussait vers l’avant.

C’est un pays où vivent encore beaucoup de gens du voyage en roulotte.  Si nous y avons fait de belles rencontres, ce fut aussi source de quelques ennuis : on nous recevait du regard froid et méfiant que les gens du crû réservent aux manouches qui passent habituellement dans leur village avec roulotte et chevaux. Deux mondes se confrontent ici : voyageurs et sédentaires. Ils ne se comprendront jamais : les uns se flattent de les sédentariser, les autres perpétuent les traditions de l’itinérance à cheval avec des familles qui ne cessent de s’agrandir. Certains enfants souffrent d’un manque de scolarisation car souvent relégués au fond d’une classe à dessiner alors qu’ils voudraient apprendre à lire et à écrire. Nous ne regrettons pas pour autant cette partie de notre voyage pour y avoir fait de belles étapes et rencontres, comme à Loches, Chédigny, Saint Hippolyte et Châtillon-sur-Indre.

A Châtillon-sur-Indre nous quittons les berges de l’Indre pour entrer dans la Brenne. Les longues lignes droites, plates entre les marais berrichons réjouirent nos chevaux. Une partie de rigolade avant  d’attaquer les contreforts du Massif Central. Le Berry nous dévoilait sa partie la plus sauvage, la plus déserte, fourmillant d’étangs et d’oiseaux à observer entre deux averses.

Déboulant au fond d’un profond sillon de terre rougeoyante, la Creuse apparût sous nos sabots. Au sud de l’Indre elle délimite la fin du plateau brennois. Elle invite par ses reliefs à la contempler du haut des falaises comme le firent les artistes parisiens de la fin du XIXe venus la peindre de Gargilesse à Crozant (et plus loin encore). Cela n’a pas forcément ravi nos juments pour qui la Creuse marque le début d’une ascension difficile. Bizarrement la roulotte pèse lourd sur leurs colliers… On trouve ici ce que l’on y attendait : la courbe des collines qui laisse parfois entrevoir quelques sommets à l’horizon, une succession de hameaux et de petits bourgs où l’on croise toujours quelqu’un pour un brin de causette.

Que la joie demeure !

 

 

 

3 Avis

  1. lemeur 2 années ll y a

    bonjour je pense souvent à vous. gros bisous à sacha et bonne route.francoise.

  2. Oswaldanne 1 année ll y a

    Coucou ! On vient de découvrir votre site. Super !!! Nous, on est Anne (60 ans) et Oswald (76 ans), deux vieilles croûtes sur la route. On roule depuis plus de deux ans avec Kaplumbaga, notre petite roulotte, nos deux juments henson, Océane et Noé, notre gros toutou Altaï. Nous sommes partis de la Brenne où se trouve notre maison (vous y êtes passés, on a vu) en Juin 2014. Nous sommes allés jusqu’en Roumanie. Nous sommes maintenant sur le chemin du retour, non loin de Dijon. Nous pensons arriver à la maison d’ici 5 ou 6 semaines, si tout va bien. Mais nous, on est retraités…
    C’est vraiment chouette, votre idée pianos-accordéons. Pas trop difficile de trouver des « clients ? » Quand on reste deux ou trois jours, comment vous faites pour faire connaître votre boulot ?
    Bonne continuation, en tout cas ! Et félicitations pour votre choix de vie.
    Anne et Oswald

    • Auteur
      atelierroulotte 1 année ll y a

      Bonjour à tous les deux,
      Depuis le temps que vous nous avez envoyé ce message vous devez être rentrés… Désolé pour le temps de réponse mais je ne gère pas du tout les commentaires du site internet !!
      Pour répondre à votre question, nous contactons les journaux locaux qui ensuite nous font un petit article pour parler du projet et du travail de Fred. Sinon le bouche à oreille marche pas mal aussi. Nous ne travaillons pas beaucoup mais cela suffit pour notre mode de vie !
      Sinon pour les nouvelles, nous sommes avec Jérôme, Estelle, Sovann et Elfie, nous « convoyons » avec eux depuis une dizaine de jours en Dordogne, et nous allons poursuivre la route ensemble encore un peu. Il me semble que vous les avez déjà rencontré.
      Bon retour à la vie sédentaire et au plaisir de vous croiser peut être un jour sur les routes,
      Chloé

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